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Les chemins de la mémoire - Rencontres entre 3ème et CM2 - Accompagnement personnalisé (2 à 4 heures)

 

Votre mission : préparer des jeux ou des activités pour faire découvrir une littérature de la résistance 1939-1945 à des élèves de cycle 3 (CM1-CM2).

  • Chaque activité doit durer entre 5 et 10 minutes.

Pour y parvenir, il faut d'abord se plonger dans ces textes littéraires qui ont souvent porté la résistance au coeur de leurs mots.

  • Le travail est réalisé en binôme/ trinôme.

Voici une liste d'oeuvres et d'auteurs : choisissez un poème en particulier et répondez aux questions de compréhension. Vous devrez aussi faire des recherches sur le contexte politique et littéraire du poème.

Une fois terminé, vous présenterez le poème au groupe d'accompagnement personnalisé. Si vous êtes capable d'en parler simplement avec clarté, c'est que vous avez certainement compris l'oeuvre.

  • Viendra alors le moment de fabriquer un jeu destiné aux élèves de CM1-CM2 : le jeu se déroulant en extérieur, vos jeux seront au format "papier".

Quelques idées : jeux de l'oie, jeu de plateau, jeu de cartes, QCM, chasse à l'intrus, charade, mots à compléter...Vous pouvez être créatif ! A vous de jouer !

(En fin d'article, vous trouverez une photothèque pour vous donner des idées et des outils pratiques pour la réalisation. )

 

Les chemins de la mémoire - Rencontres entre 3ème et CM2 - Accompagnement personnalisé (2 à 4 heures)

Avant donc que d'écrire, apprenez à penser.
Selon que notre idée est plus ou moins obscure,
L'expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément.

Nicolas Boileau, De l'Art Poétique, 1674

Louis Aragon (1887-1982) est l'un des fondateurs du mouvement surréaliste. Il publie Les yeux d'Elsa, La diane française. En 1939, il part sur le front en qualité de médecin auxiliaire.

La Rose et Le Réséda - Louis Aragon

« La Rose et le Réséda »

À Gabriel Péri et d’Estienne d’Orves comme à Guy Môquet et Gilbert Dru

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
Tous deux adoraient la belle prisonnière des soldats
Lequel montait à l’échelle et lequel guettait en bas

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
Qu’importe comment s’appelle cette clarté sur leur pas
Que l’un fut de la chapelle et l’autre s’y dérobât

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles des lèvres du cœur des bras
Et tous les deux disaient qu’elle vive et qui vivra verra

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles au cœur du commun combat

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
Du haut de la citadelle la sentinelle tira
Par deux fois et l’un chancelle l’autre tombe qui mourra

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
Ils sont en prison Lequel a le plus triste grabat
Lequel plus que l’autre gèle lequel préfère les rats

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
Un rebelle est un rebelle deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l’aube cruelle passent de vie à trépas

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
Répétant le nom de celle qu’aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle même couleur même éclat

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
Il coule, il coule, il se mêle à la terre qu’il aima
Pour qu’à la saison nouvelle mûrisse un raisin muscat

Celui qui croyait au ciel celui qui n’y croyait pas
L’un court et l’autre a des ailes de Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle le double amour qui brûla
L’alouette et l’hirondelle la rose et le réséda

Louis Aragon, mars 1943 (repris dans La Diane française, 1944)

Comprendre le poème :

1) Quel le titre de l'oeuvre ? Que symbolise Diane ?

2) La rose et le réséda sont des symboles politiques et religieux. Lesquels ?

3) Quel épisode de la Résistance le poème raconte-t-il ? Dans quel registre ?

Ballade de celui qui chanta dans les supplices - Louis Aragon

Ballade de celui qui chanta dans les supplices

Et s'il était à refaire
Je referais ce chemin
Une voix monte des fers
Et parle des lendemains

 

On dit que dans sa cellule
Deux hommes cette nuit-là
Lui murmuraient "Capitule
De cette vie es-tu las

Tu peux vivre tu peux vivre
Tu peux vivre comme nous
Dis le mot qui te délivre
Et tu peux vivre à genoux"

Et s'il était à refaire
Je referais ce chemin
La voix qui monte des fers
Parle pour les lendemains

Rien qu'un mot la porte cède
S'ouvre et tu sors Rien qu'un mot
Le bourreau se dépossède
Sésame Finis tes maux

Rien qu'un mot rien qu'un mensonge
Pour transformer ton destin
Songe songe songe songe
A la douceur des matins

Et si c'était à refaire
Je referais ce chemin
La voix qui monte des fers
Parle aux hommes de demain

 

 

J'ai tout dit ce qu'on peut dire
L'exemple du Roi Henri
Un cheval pour mon empire
Une messe pour Paris

Rien à faire Alors qu'ils partent
Sur lui retombe son sang
C'était son unique carte
Périsse cet innocent

Et si c'était à refaire
Referait-il ce chemin
La voix qui monte des fers
Dit je le ferai demain

Je meurs et France demeure
Mon amour et mon refus
O mes amis si je meurs
Vous saurez pour quoi ce fut

Ils sont venus pour le prendre
Ils parlent en allemand
L'un traduit Veux-tu te rendre
Il répète calmement

Et si c'était à refaire
Je referais ce chemin
Sous vos coups chargés de fers
Que chantent les lendemains

Il chantait lui sous les balles
Des mots sanglant est levé
D'une seconde rafale
Il a fallu l'achever

Une autre chanson française
A ses lèvres est montée
Finissant la Marseillaise
Pour toute l'humanité

Louis Aragon

 

Cette ballade est dédié

Comprendre le poème :

1) Qui ? Quoi? où ? comment ? Pourquoi ?

2) Ce poème livre une leçon d'espoir et d'héroïsme. En quoi ?

Aidez-vous des questions suivantes si besoin :

-  A quelle tentation Gabriel est-il soumis ? 

- Quels arguments sont-utilisés pour le manipuler ?

- A quelles valeurs Gabriel reste-t-il fidèle ?

 

Gabriel Péri - Paul Éluard

Gabriel Péri est journaliste à l'Humanité, journal communiste. Il refuse de céder à l'occupant et sera fusillé le 15 décembre 1941 au mon Valérien.

« Gabriel Péri »

Un homme est mort qui n’avait pour défense 
 Que ses bras ouverts à la vie
 Un homme est mort qui n’avait d’autre route
 Que celle où l’on hait les fusils
 Un homme est mort qui continue la lutte
 Contre la mort contre l’oubli

Car tout ce qu’il voulait
 Nous le voulions aussi
 Nous le voulons aujourd’hui
 Que le bonheur soit la lumière
 Au fond des yeux au fond du cœur
 Et la justice sur la terre

Il y a des mots qui font vivre
 Et ce sont des mots innocents
 Le mot chaleur le mot confiance
 Amour justice et le mot liberté
 Le mot enfant et le mot gentillesse
 Et certains noms de fleurs et certains noms de fruits
 Le mot courage et le mot découvrir
 Et le mot frère et le mot camarade
 Et certains noms de pays de villages
 Et certains noms de femmes et d’amies
 Ajoutons-y Péri
 Péri est mort pour ce qui nous fait vivre
 Tutoyons-le sa poitrine est trouée
 Mais grâce à lui nous nous connaissons mieux
 Tutoyons-nous son espoir est vivant.

Paul Éluard

Au rendez-vous allemand, Paris, Éditions de Minuit, 1945. 
© Éditions de Minuit

Comprendre le texte :

1) Qui ? Quoi? où ? comment ? Pourquoi ?

2)  Pourquoi le poète propose-t-il d'ajouter Péri à la liste des "mots qui font vivre" ?

3) Observez le premier et le dernier vers du poème. Quelle antithèse remarquez-vous ?

4) Que devient Gabriel Péri dans les mots d'Éluard ?

Indice : celui qui prend pour sienne les souffrances de tous. Il fut affligé de 7 plaies en l'an 0.

Ce coeur qui haïssait la guerre...- Robert Desnos

Robert Desnos (1900-1945) participe à la naissance du surréalisme. D'abord pacifiste, soutient les Républicains en Espagne puis s'engage durant la seconde guerre mondiale, par des articles de presse et des récits clandestins. Il est arrêté le 22 février 1944 et disparaît durant sa déportation.

« Ce cœur qui haïssait la guerre… »

Ce cœur qui haïssait la guerre voilà qu’il bat pour le combat et la bataille !
Ce cœur qui ne battait qu’au rythme des marées, à celui des saisons, à celui des heures du jour et de la nuit,
Voilà qu’il se gonfle et qu’il envoie dans les veines un sang brûlant de salpêtre et de haine.
Et qu’il mène un tel bruit dans la cervelle que les oreilles en sifflent,
Et qu’il n’est pas possible que ce bruit ne se répande pas dans la ville et la campagne,
Comme le son d’une cloche appelant à l’émeute et au combat.
Écoutez, je l’entends qui me revient renvoyé par les échos.
Mais non, c’est le bruit d’autres cœurs, de millions d’autres cœurs battant comme le mien à travers la France.
Ils battent au même rythme pour la même besogne tous ces cœurs,
Leur bruit est celui de la mer à l’assaut des falaises
Et tout ce sang porte dans des millions de cervelles un même mot d’ordre :
Révolte contre Hitler et mort à ses partisans !
Pourtant ce cœur haïssait la guerre et battait au rythme des saisons,
Mais un seul mot : Liberté a suffi à réveiller les vieilles colères
Et des millions de Français se préparent dans l’ombre à la besogne que l’aube proche leur imposera.
Car ces cœurs qui haïssaient la guerre battaient pour la liberté au rythme même des saisons et des marées,
du jour et de la nuit.

Robert Desnos, 1943 (paru dans L’Honneur des poètes)

 

Comprendre le texte :

1) Qui ? Quoi? où ? comment ? Pourquoi ?

2) Étudiez la progression du battement du coeur puis mettez-la en parallèle avec le combat à mener.

3)Sur quel paradoxe se clôt le poème ?

 

L'ordre nouveau de Jacques Prévert

Jacques Prévert participe au mouvement surréaliste. Dès 1940, il se réfugie en zone libre. De là, il observe et écrit sur la France occupée.

Le soleil gît sur le sol

Litre de vin rouge brisé

Une maison comme un ivrogne

Sur le pavé s'est écroulée

Et sous son porche encore debout

Une jeune fille est allongée

Un homme à genoux près d'elle

est en train de l'achever

dans la plaie où remue le fer

Le coeur ne cesse de saigner

Et l'homme pousse un cri de guerre

Comme un absurde cri de paon

Et son cri se perd dans la nuit

Hors la vie hors du temps

Et l'homme au visage de poussière

L'homme perdu et abîmé

Se redresse et crie "Heil Hitler !"

D'une voix désespérée

En face de lui dans les débris

D'une boutique calcinée

Le portrait d'un vieillard blême

Le regarde avec bonté

Sur sa manche des étoiles brillent à Noël

D'autres aussi sur son képi

Comme les étoiles brillent à Noël

Sur les sapins pour les petits

Et l'homme des sections d'assauts

Devant le merveilleux chromo

Soudain se retrouve en famille

Au coeur même de l'ordre nouveau

Et remet son poignard dans sa gaine

Et s'en va tout droit devant lui

Automate de l'Europe Nouvelle

Détraqué par le mal du pays

Adieu adieu Lily Marlène

Et son pas et son chant s'éloignent dans la nuit

Et le portrait du vieillard blême

Au milieu des décombres

Reste seul et sourit

Tranquille dans la pénombre

Sénile et sur de lui.

 

Jacques Prévert, L'ordre nouveau, Paroles, 1946

Comprendre le texte :

1) Qui ? Quoi? où ? comment ? Pourquoi ?

2) Qui est celui qui prolonge l'agonie de la jeune femme ?

3) Qui est l'homme au képi ? Aidez-vous de cette affiche.

 

 

 

 

4) Quelle lecture faites-vous du poème ?

 

Une lecture de l'Ordre nouveau de Jacques Prévert.

Rappelle-toi Barbara - Jacques Prévert

=> Voici une lecture de Barbara de Jacques Prévert: partagez-vous cette analyse ?  Appuyez-vous sur le texte pour prouver les arguments et remarques avancées.

 

« Barbara » est un texte de circonstances : la ville de Brest a été bombardée cent soixante-cinq fois pendant la Seconde Guerre Mondiale. A la fois chanson d’amour, image du bonheur perdu, et poème engagé présentant une image de désolation, c’est un cri de colère et d’indignation contre la guerre, cette « connerie » qui sépare ceux qui s’aiment.

Barbara

 
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
É panouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t'ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle-toi quand même ce jour-là
N'oublie pas
Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m'en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j'aime
Même si je ne les ai vus qu'une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s'aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara                                                       Brest sous les bombardements , 1941

N'oublie pas
Cette pluie sage et heureuse                                               Source : wikicommons                  Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l'arsenal
Sur le bateau d'Ouessant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu'es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d'acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n'est plus pareil et tout est abimé
C'est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n'est même plus l'orage
De fer d'acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l'eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.

Jacques Prévert, Paroles
 
Comprendre le texte :
1) Qui ? Quoi? où ? comment ? Pourquoi ?
2) Que permet la pluie au début du poème ? Que symbolise-t-elle à la fin du poème ?
3) Pourquoi Prévert choisit-il de situer "Barbara" dans la ville de Brest ?
4) Finalement, à quoi sert la rencontre amoureuse du "je" poétique avec Barbara ?
 
=> Écoutez le texte chanté par Yves Montand.

Avis de Paul Eluard

"Avis" est un poème liminaire (le premier du recueil) et qui inscrit Au rendez-vous allemand dans la politique et l'espoir. Poème dédié à Lucien Legros, cet ami de la famille d'Éluard sera arrêté et fusillé avec quatre de ses camarades pour actes de résistance.

"AVIS"
La nuit qui précéda sa mort (v.1)
Fut la plus courte de sa vie
L'idée qu'il existait encore
Lui brûlait le sang aux poignets
Le poids de son corps l'écoeurait
Sa force le faisait gémir(v.6)
C'est tout au fond de cette horreur
Qu'il a commencé à sourire
Il n'avait pas UN camarade
Mais des millions et des millions
Pour le venger il le savait
Et le jour se leva pour lui.

Paul Eluard, "Avis", Au rendez-vous allemand, 1944

 

 

 

Questions pour comprendre :

1) Qui ? Quoi? où ? comment ? Pourquoi ?

2) Que désigne le terme "avis" ? Et plus particulièrement durant l'occupation ? Aide : les Nazi placardèrent sur les murs de Paris "avis, menaces ou listes d'otages".

3) Ce poème peut-être divisé en deux parties ? Lesquelles ? Proposez un titre pour chacune en vous appuyant sur les sentiments successifs évoqués.

4) Pourquoi les nombres sont-ils importants dans ce poème ?

5) A qui s'adresse ce poème ?

Liberté - Paul Éluard

Liberté de Paul Éluard fut diffusé par la RAF (Royal Air Force) qui en parachute des milliers d'exemplaires au dessus de la France. Il fut repris par Fernand Léger qui en fait un poème-objet en 1953. Le poème devient une toile de 32cm x 129,5 cm, pliée en accordéon que son éditeur Seghers nous présente.

Liberté

Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J'écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom

 

Sur les merveilles des nuits

Sur le pain blanc des journées

Sur les saisons fiancées

J’écris ton nom


Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom

Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom

Sur chaque bouffées d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J'écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J'écris ton nom

 

 


 

Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'éteint
Sur mes raisons réunies

J'écris ton nom

 

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J'écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J'écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J'écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom

Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom

Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

 

Paul Eluard
in Poésies et vérités
, 1942
.

Comprendre le texte :

1) Qui ? Quoi? où ? comment ? Pourquoi ?

2) A qui ou à quoi peut-on penser qu'il s'adresse tout au long du poème ? Quel est l'intérêt de cette ambiguïté ?

3) Qu'est-ce qui fait de ce texte un texte engagé ? (appuyez-vous sut les mots du poème mais aussi sur sa structure. )

Couvre Feu - Paul Éluard

Couvre-feu

Paul ÉLUARD

Recueil : "Poésie et vérité 1942", 1942.

Que voulez-vous la porte était gardée

Que voulez-vous nous étions enfermés

Que voulez-vous la rue était barrée

Que voulez-vous la ville était matée

Que voulez-vous elle était affamée

Que voulez-vous nous étions désarmés

Que voulez-vous la nuit était tombée

Que voulez-vous nous nous sommes aimés.

Comprendre le texte :

1) Qui ? Quoi? où ? comment ? Pourquoi ?

2) "Que voulez-vous" est repris à chaque vers. Comment se nomme cette figure de style ? Qu'apporte ce choix poétique au discours de Paul Éluard ?

3) Une rime domine : laquelle ? Quel effet produit cette rime sur la lecture du poème ? Mettez ce point en relation avec la question 2 pour construire votre lecture.

Le chant des partisans - Paroles de Maurice Druon et Joseph Kessel, musique d'Anna Marly, Londres, 1943 / éd. Raoul Breton

CetteLe chant des partisans
 
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu´on enchaîne?
Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c´est l´alarme.
Ce soir l´ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes.

Montez de la mine, descendez des collines, camarades!
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.
Ohé, les tueurs à la balle ou au couteau, tuez vite!
Ohé, saboteur, attention à ton fardeau : dynamite...

C´est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères.
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.
Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves.
Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève...

Ici chacun sait ce qu´il veut, ce qu´il fait quand il passe.
Ami, si tu tombes un ami sort de l´ombre à ta place.
Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes.
Sifflez, compagnons, dans la nuit la liberté nous écoute...


Comprendre le texte :
1) Qui ? Quoi? où ? comment ? Pourquoi ?
2) A quel autre champ célèbre pouvez-vous le comparer ? Pourquoi ?
3) Quelle image clôt le texte ? Comment est-elle mise en valeur ?
4) Qu'est-ce qui fait de ce chant est un texte de résistance ?

Octobre - Pierre Seghers, 1941 (repris dans La Résistance et ses Poètes. France 1940-1945, 1975)

" Ce poème rend hommage aux otages exécutés par les nazis au mois d’octobre 1941, pour punir plusieurs attentats. En effet, le 19 octobre, un déraillement a lieu sur la ligne ferroviaire Rouen-Le Havre et le lendemain, le lieutenant-colonel Holtz est abattu à Nantes. En représailles, le 22 octobre, vingt-sept otages internés au camp de Châteaubriant, en Loire-Atlantique, sont fusillés, seize à Nantes et cinq au mont Valérien, la plupart communistes.
Le 21 octobre, un attentat est perpétré contre le conseiller de l’administration militaire Reimers à Bordeaux. La riposte ne se fait pas attendre : le 24 octobre, cinquante otages sont fusillés au camp de Souge, en Gironde. "

Sources : Poètes en résistance - Canopé

 

« Octobre »

Le vent qui pousse les colonnes de feuilles mortes
Octobre, quand la vendange est faite dans le sang
Le vois-tu avec ses fumées, ses feux, qui emporte
Le Massacre des Innocents
Dans la neige du monde, dans l’hiver blanc, il porte
Des taches rouges où la colère s’élargit ;
Eustache de Saint-Pierre tendait les clefs des portes
Cinquante fils la mort les prit,
Cinquante qui chantaient dans l’échoppe et sur la plaine,
Cinquante sans méfaits, ils étaient fils de chez nous,
Cinquante aux regards plus droits dans les yeux de la haine
S’affaissèrent sur les genoux
Cinquante autres encore, notre Loire sanglante
Et Bordeaux pleure, et la France est droite dans son deuil.
Le ciel est vert, ses enfants criblés qui toujours chantent
Le Dieu des Justes les accueille
Ils ressusciteront vêtus de feu dans nos écoles
Arrachés aux bras de leurs enfants ils entendront
Avec la guerre, l’exil et la fausse parole
D’autres enfants dire leurs noms
Alors ils renaîtront à la fin de ce calvaire
Malgré l’Octobre vert qui vit cent corps se plier
Aux côtés de la Jeanne au visage de fer
Née de leur sang de fusillés

Pierre Seghers, 1941 (repris dans La Résistance et ses Poètes. France 1940-1945, 1975)

Comprendre le texte :

1) Qui ? Quoi? où ? comment ? Pourquoi ?
2) L'anaphore "cinquante" est récurrente. Pourquoi ?
3) Différents termes peuvent caractériser ces hommes tombés sous les balles : des héros sacralisés, des héros martyrs, des héros épiques. Relisez le poème et repérez ce qui permet de définir les "cinquante" par ces qualificatifs.

 

Photothèque pour créer un jeu destiné à des élèves de cycle 3 :

 

Mots mêlés ou mots croisés :

 

 

 

 

 

 

Rébus :

 

 

 

 

 

 

 

Message codé:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chasse à l'intrus

 

 

 

 

 

 

 

 

 

=> du jeu de l'oie au labyrinthe

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

=> une bataille navale ( format mini - 5 cases)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

=> un puzzle ( chaque pièce trouvée permet, une fois toutes trouvées, de découvrir un texte, une oeuvre d'art ...

 

 

 

 

 

 

 

=> un jeu de cartes

 

 

 

 

 

 

 

 

=> des dominos

 

 

 

 

 

 

 

=> des jeux type "morpion"

 

 

 

 

 

 

 

 

=> des jeux de société

 

et pourquoi pas un tour de magie : les 3 gobelets ou bonneteau...sans escroquer les CM1-CM2, bien sûr !

Montrez-vous créatifs et...pédagogues.

 

 

Évaluation du projet - grille d'autoévaluation réalisée avec les élèves
Les élèves de CM2 évalueront la qualité des jeux qu'ils auront testés.

Ressources pour les  enseignants :

- Manuel Français 3ème, collection Passeurs de textes, Weblettres et Le Robert, programmes 2012 (pour le choix des textes).

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