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www.lettresnumeriques.com

B - 3èmeHDA- L'engagement : Dénoncer la xénophophie.

Cette séquence pose la question de l'engagement. Qu'est-ce qui permet de dire que les oeuvres suivantes sont engagées ?

  • Matin Brun de Pavloff (nouvelle du XXème siècle porteuse d'un regard sur l'histoire et le monde contemporain)
  • Hitler, le Surhomme d'Heartfield
  • Nuit et Brouillard, chanson de Jean Ferrat

En prolongement:

  • La Vague de Dennis Ganzel
  • Tintin au Congo, (extrait) d'Hergé

Arts, Etats et Pouvoirs :En quoi une œuvre d'art peut-elle exprimer
la violence et l'horreur de la guerre ?  

Nuit et Brouillard est une chanson de Jean Ferrat sortie en décembre 1963.
Jean Ferrat né Jean Tenenbaum le 26 décembre 1930 à Vaucresson (Seine-et-Oise) et mort le 13 mars 2010 à Aubenas en Ardèche, est un parolier, musicien, compositeur et chanteur français engagé.

Nuit et Brouillard est une chanson en mémoire des victimes des camps de concentration nazis de la Seconde Guerre mondiale, et en particulier en mémoire de son père, Juif émigré de Russie mort à Auschwitz.

Le titre fait référence à la directive Nuit et brouillard signée en 1941 par Adolf Hitler, qui stipule que les personnes représentant une menace pour le Reich ou l'armée allemande dans les territoires occupés seront condamnées à mort ou déportées.

Pour cette chanson Jean Ferrat reçut "le grand prix du disque de l'Académie Charles-Cros" en 1963. Ce fut le début du succès pour le chanteur.

En éducation musicale, vous avez travaillé le chant; en français, nous nous intéresserons au texte de la chanson. 

Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent

Ils se croyaient des hommes, n'étaient plus que des nombres
Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés
Dès que la main retombe il ne reste qu'une ombre
Ils ne devaient jamais plus revoir un été

La fuite monotone et sans hâte du temps
Survivre encore un jour, une heure, obstinément
Combien de tours de roues, d'arrêts et de départs
Qui n'en finissent pas de distiller l'espoir

Ils s'appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel
Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou
D'autres ne priaient pas, mais qu'importe le ciel
Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux

Ils n'arrivaient pas tous à la fin du voyage
Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux
Ils essaient d'oublier, étonnés qu'à leur âge
Les veines de leurs bras soient devenues si bleues

Les Allemands guettaient du haut des miradors
La lune se taisait comme vous vous taisiez
En regardant au loin, en regardant dehors
Votre chair était tendre à leurs chiens policiers

On me dit à présent que ces mots n'ont plus cours
Qu'il vaut mieux ne chanter que des chansons d'amour
Que le sang sèche vite en entrant dans l'histoire
Et qu'il ne sert à rien de prendre une guitare

Mais qui donc est de taille à pouvoir m'arrêter ?
L'ombre s'est faite humaine, aujourd'hui c
'est l'été
Je twisterais les mots s'il fallait les twister
Pour qu'un jour les enfants sachent qui vous étiez

Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants
Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent.

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